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Les tests de génétique somatique

fiche synthese
Dernière mise à jour 11/10/2017

Description

L’agence européenne du médicament (EMA) a autorisé en 2008 l’utilisation du cetuximab et du panitumumab pour les patients dont la tumeur porte la forme non mutée du gène KRAS. En 2013, les AMM du panitumumab et du cetuximab ont été modifiées suite aux résultats d’études cliniques montrant que les patients porteurs d’une mutation sur l’exon 4 de KRAS ou sur les exons 2, 3 et 4 de NRAS présentent également une résistance au traitement[1,2,3,4]. La recherche des mutations de ces gènes a donc été élargie à ces nouveaux cas en 2013.

Par ailleurs, le syndrome de Lynch (aussi appelé syndrome HNPCC pour Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer) se caractérise par l’altération constitutionnelle d’un des gènes MMR (mismatch repair) et prédispose à un risque accru de cancer colorectal et de cancers touchant d’autres organes: l’endomètre, l’intestin grêle et l’urothélium principalement. Les tumeurs développées dans ce cadre étant quasiment toujours de type MSI (MicroSatellite Instability), la recherche de ce phénotype tumoral est une étape importante dans l’identification des patients candidats à une étude constitutionnelle des gènes permettant l’identification des familles à haut risque de cancer. En pratique, il est recommandé de réaliser ce pré-criblage somatique pour tous les patients atteints d’un cancer du spectre large avant 60 ans et de proposer aux patients ayant un statut MSI une consultation d’oncogénétique pour une recherche de mutation constitutionnelle[5].

[1]  Douillard et al. NEJM (2013);369(11):1023-34
[2]   Piton et al. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev (2015);24(9):1416-8
[3]   Schirripa et al. Int. J. Cancer (2015);136, 83-90
[4]   Misale et al. Cancer Discovery (2014);4:1269-1280
[5]   Olschwang et al. Bull Cancer (2004);91(4):303-15

Description

En 2018, la recherche de mutations de l’exon 2 de KRAS a été effectuée pour 18 362 patients. Après une phase de stabilisation depuis 2014, une diminution de l’activité est relevée depuis 2017 et est encore plus faible en 2018. En 2018, une recherche de mutations de NRAS a été effectuée pour 16 333 patients, en baisse par rapport à 2017. Pour 13 105 des patients testés dans le cadre d’un cancer colorectal, ces examens ont été réalisés par un panel de mutations NGS, ce chiffre est en augmentation.

Description

Un test MSI a été effectué pour 16 753 patients en 2018, soit une légère baisse par rapport à 2017. Cette activité était en forte augmentation depuis 2014 (+ 73%) et semble désormais se stabiliser. Dans le même temps, le recours au test de méthylation du promoteur de MLH1 est stable en 2018, avec 1 071 tests réalisés en 2018 contre 1 074 en 2017 et le recours à la recherche de mutation BRAF est en baisse : 3 048 en 2018 contre 4 829 en 2017. La proportion de patients présentant une méthylation de MLH1 est de 60,5%. Ils sont 21,2% à avoir une altération moléculaire BRAF. Le cancer de ces patients n’est donc pas d’origine héréditaire.